Préalable
La coiffure est un métier de services qui nécessite de la main-d'œuvre. La masse salariale (1) représente le poste de dépenses le plus lourd du salon (en moyenne 50 à 60 % du chiffre d'affaires). Sachant que l'idéal serait 40 %.
Elle est un engagement permanent de l'entreprise et ce, quelle que soit sa situation comptable ou ses difficultés financières, l'entreprise devra assumer ses obligations.
En plus des risques financiers, trouver le(s) bon(s) collaborateur(s) — ce qui est déjà un défi en soi — il faut y ajouter toute la complexité du droit du travail.
Et pour finir, la réussite ou l'échec du salon dépend en grande partie du choix des collaborateurs. Ceci est d'autant plus vrai dans les petites équipes. Une erreur de recrutement peut entraîner l'entreprise dans des difficultés insurmontables.
Bref, en plus des innombrables compétences nécessaires pour diriger un salon de coiffure — maîtriser la technique, maîtriser la gestion, la stratégie commerciale — à quoi il faut ajouter le sens du commerce, un sens artistique, des connaissances en marketing, en psychologie, en écoute, etc., il vous faut en plus être un excellent RH.
(1) Coût total des salaires
Embaucher, un choix déterminant pour l'avenir de l'entreprise
Vous l'avez compris, le sujet est bien trop important pour le traiter en quelques lignes, nous allons donc prendre le temps de le détailler.
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Si l'expérience démontre qu'il est difficile de développer un salon avec moins de 3 personnes actives, quel que soit la taille de votre entreprise, le choix d'embaucher est une décision qui va inévitablement modifier son avenir.
Plus l'entreprise est petite, plus cette décision aura de lourdes conséquences (positives ou négatives) en termes d'investissement et de développement.
À titre de comparaison, un salon de 2 personnes qui embauche une personne supplémentaire, cela revient à augmenter l'effectif de 50 % d'un coup. À l'échelle d'une entreprise de 1 000 salariés, cela équivaudrait à l'embauche de 500 personnes !!!
Dans le contexte actuel, on en parlerait à la télé.
À l'inverse, qu'un seul salarié du salon ne soit pas opérationnel ni rentable et c'est l'équivalent de 33 % de l'effectif qui est inopérant. Aucune entreprise ne survit longtemps si un tiers de son effectif n'est ni opérationnel ni rentable.
Cet exemple permet de replacer l'embauche dans le contexte d'une petite entreprise afin de bien prendre la mesure de l'effort consenti par un petit patron et sa prise de risques financiers et commerciaux, comparé à un dirigeant de grande entreprise.
Pour autant, ne pas embaucher lorsque l'entreprise en a besoin l'expose au risque de perdre des clients (anciens & nouveaux).
Rappelons aussi qu'une entreprise doit être en progression constante (au moins 5 à 7 %/an). Pour une entreprise, stagner signifie qu'elle perd en rentabilité, elle décline.
Savoir pour comprendre, comprendre pour agir
Il est vraiment important de comprendre que, si aujourd'hui, autant de salons rencontrent tant de difficultés (financières et/ou de management), c'est, tout simplement, parce que l'embauche n'a pas été bien préparée.
Analyser la situation
La 1ère chose à faire est de vérifier s'il n'est pas possible d'augmenter la productivité en réorganisant le travail (méthodes de travail, planning, horaires, etc.) avec l'existant.
À savoir : augmenter la productivité augmente mécaniquement la rentabilité. 99 % des salons ont entre 10 et 20 % de marges de progression possibles rien qu'avec l'existant. N'hésitez pas à nous contacter si vous voulez que l'on vous explique où et comment.
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Voilà, vous avez optimisé au maximum la productivité et la rentabilité de votre salon ; pour aller plus loin, vous devez maintenant envisager l'embauche.
Il est vrai que déterminer quand il faut embaucher est une tâche plutôt compliquée. Elle nécessite, pour le dirigeant, d'anticiper son futur développement et d'y apporter une réponse adaptée à ses besoins.
La réussite repose sur sa capacité à :
- Faire l'estimation la plus juste possible du nombre de clients supplémentaires que le salon doit recruter
- La qualité de son recrutement
Voilà donc les questions que l'on doit se poser avant l'embauche :
- Quel est le potentiel de clients supplémentaires que je peux espérer recruter ?
- Quel chiffre d'affaires supplémentaire cela va-t-il représenter ?
(En multipliant le volume de clients supplémentaires par la Fiche Moyenne Globale, je peux estimer un chiffre d'affaires prévisionnel réalisable.)
Exemple : avec une FMG à 40 € il me faut 100 clients pour réaliser 4 000 € de CA supplémentaire.
- Ce chiffre d'affaires supplémentaire permet-il, tout de suite, de créer un poste à temps complet ?
- Quel type de profil correspond le mieux à mon besoin (apprenti ou coiffeur expérimenté) ?
- Dans quel délai puis-je espérer recruter ces clients potentiels ?
Seul le dirigeant peut répondre à ces questions.
Info : le tableau ci-dessous vous donne un point de repère pour estimer le nombre minimum de visites supplémentaires/mois que le salon doit assurer pour pouvoir payer un salaire au SMIC (seuil de rentabilité).
Fiche Moyenne Globale |
Nb de clients suppl./mois |
De 70 € à 90 € |
De 60 à 75 |
De 40 € à 50 € |
De 105 à 130 |
De 25 € à 35 € |
De 150 à 210 |
Une fois l'étude et l'analyse financière réalisées, le profil déterminé, une autre question vient à l'esprit :
- Le nouveau venu sera-t-il capable de développer et fidéliser cette clientèle ?
C'est pour répondre à cette question que les choses se compliquent.
En effet, la réussite ou l'échec dépend maintenant, en grande partie, du nouveau venu et de sa capacité à développer et fidéliser une nouvelle clientèle.
Pour le dirigeant, cela signifie que son choix va directement engager l'avenir de son entreprise sur les prochaines années et cet avenir repose essentiellement sur la qualité de son recrutement.
Un mauvais recrutement peut remettre en cause la stabilité et la pérennité de l'entreprise.
Nous l'avons vu, l'embauche dans une petite entreprise représente un enjeu colossal. Il s'agit d'un moment clé de la vie de l'entreprise. Il n'est donc pas question de le jouer sur un coup de dés ou sur une simple intuition.
Le dirigeant doit avoir une vision claire et précise de l'objectif financier à atteindre, de ses attentes en matière de stratégie commerciale et avoir anticipé ses besoins en trésorerie, le temps que le nouveau se fasse une clientèle.
Cette connaissance lui permet de définir le type de poste, le profil idéal ; le candidat devra impérativement répondre à cet objectif.
Vous allez voir que lorsque vous aurez bien en tête les enjeux pour l'entreprise, l'entretien d'embauche et la période d'essai prennent alors une tout autre dimension.
Cette prise de conscience peut expliquer aussi que cela puisse faire peur, voire décourager. Pour autant, un chef d'entreprise doit être bien conscient aussi que ne pas recruter au moment où l'entreprise en a besoin ne va pas seulement bloquer son développement, mais que dans un contexte de forte concurrence, il s'expose à des pertes de chiffre d'affaires à plus ou moins long terme.
Nous l'avons dit un peu plus haut, un salon de coiffure est une entreprise qui ne peut pas rester figée : soit elle se développe, soit elle déclinera, lentement mais sûrement.
Votre entreprise vous fait vivre mais c'est aussi votre capital, la somme de tout votre travail, des risques que vous avez su prendre. Vous y avez investi votre temps, votre argent, vos rêves et vos ambitions. Il est donc important de pérenniser cet investissement et de le faire fructifier pour en profiter un jour.
Comment savoir si c'est le bon moment pour embaucher ?
Le salon dispose de 2 indicateurs fiables pour le savoir : le chiffre d'affaires et le volume clients actifs.
Attention, tout va bien ! Vous avez probablement entendu cet adage un jour ; il peut faire sourire mais il est d'une grande sagesse.
Un chiffre d'affaires et/ou un volume clients actifs stabilisé est un très mauvais signe pour un dirigeant. Une entreprise qui stagne n'a qu'une seule issue : doucement périr.
